Pour la première fois, un club masculin
les Jokers de Cergy-Pontoise
a fait jouer une femme dans son équipe
Le match du samedi 28 février 2004, opposant Cergy-Pontoise à Asnières
deux clubs de Nationale 1 - l’équivalent de la division 2 -
restera dans les annales du hockey sur glace français
Pour la première fois, un club masculin, les Jokers de Cergy-Pontoise, a fait jouer une femme dans son équipe. L’élue s’appelle Christine Duchamp. Elle est capitaine de l’équipe de France féminine.
Bien qu’elle s’entraîne depuis le début de la saison avec les seniors de Cergy (Val-d’Oise), l’attaquante tricolore n’en revient toujours pas : “J’étais loin d’imaginer qu’un jour je jouerais avec l’équipe masculine. Je tiens à associer à cette première mes deux coéquipières de Cergy, Déborah Iszraelewicz et Gwénola Personne, qui étaient dans l’aventure avec moi, précise la joueuse. C’est moi qui étais sur la glace, mais ç’aurait pu tout autant être l’une ou l’autre si elles n’avaient pas été blessées. J’espère que mon expérience permettra d’ouvrir des portes. C’est une belle victoire sur tout ce milieu sportif français, qui n’est pas assez ouvert aux filles.”
Cadre technique à la Fédération française des sports de glace (FFSG), Christine Duchamp a beaucoup œuvré pour la promotion du hockey féminin en France : “A la fédération, je m’occupe du suivi des athlètes de haut niveau. De nombreuses joueuses ont des difficultés pour continuer le hockey après leurs études. J’essaie de faire en sorte que cela change, explique la capitaine des Bleues. J’ai beaucoup travaillé sur le dossier de la mixité. Mais je ne pensais pas que j’allais être la première à en profiter.”
Et d’ajouter : “Je ne suis pas pour autant une féministe. Je suis contre l’imposition de quotas, mais j’estime qu’il est normal qu’une fille joue avec les garçons si elle a le niveau.” Pour Sylvain Beauchesne, l’entraîneur québécois de l’équipe seniors de Cergy, “la sélection de Christine n’est pas un coup de pub”.
“C’est à son travail et à son acharnement qu’elle la doit, dit-il. La plus grande qualité de Christine, c’est l’amour qu’elle porte à son sport. C’est une fille très perfectionniste et très déterminée dans tout ce qu’elle entreprend.”
Le temps où certains clubs refusaient d’accorder des licences aux filles est révolu. Depuis une modification du règlement entérinée le 18 octobre 2003, les hockeyeuses peuvent intégrer une équipe masculine dans leur catégorie d’âge. Pour autant, Christine Duchamp se garde de tout triomphalisme : “En France, quand une fille fait de la danse ou du tennis, on ne lui dit rien. Quand elle veut jouer au hockey, on lui demande toujours pourquoi elle veut pratiquer ce sport.”
“En Amérique du Nord, il y a plus d’ouverture d’esprit sur la mixité. On ne questionne pas les filles quand elles font du hockey “, rappelle la hockeyeuse. Des propos que confirment Sylvain Beauchesne : “Au Canada, le hockey est notre sport national. Les filles jouent avec les garçons depuis longtemps. En France, le hockey n’est pas très médiatique. Les gens ne connaissent pas très bien ce sport. Lorsqu’une fille joue au hockey, ils sont souvent choqués.”
Même s’il a obtenu son autonomie par rapport à son homologue masculin depuis 1998, le hockey féminin français n’a toujours pas réussi à prendre son envol. En témoigne notamment l’attitude de nombreux dirigeants de club, qui perçoivent encore le hockey féminin comme une gêne.(…)
(Source : Sapho L’DIRE et La Pie)

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